mardi 15 décembre 2015

17 décembre 2015 : Châtillon-le Duc - Forêt de Chailluz

Distance : 22 km - Dénivelé : 550 m


L'indice IBP d'effort est de 69 (suivant l'échelle de la FFRP). Un score compris entre 51 et 75 correspond au niveau 3 qualifié de "PEU DIFFICILE". La randonnée pédestre nécessite un certain engagement physique qui reste toutefois mesuré. Ce niveau correspond à des randonnées pédestres modérées.

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Forêt de Chailluz

A deux pas de l'agglomération bisontine et sur 1673ha, s'étend la forêt de Chailluz. Entre 319 et 619 mètres d'altitude, elle offre de nombreux circuits de randonnée pédestre et a été idéalement aménagée. On peut ainsi y pratiquer le VTT, pique-niquer dans les clairières (sans y laisser ses détritus évidemment!), se promener le long du riche sentier floristique du Creux Vivier, pénétrer dans le hameau pittoresque des Grandes Baraques, observer sangliers, daims, chevreuils et cerfs depuis le Parc de Vision Animalier, visiter le fort de la Dame Blanche ( le point culminant de la forêt) et admirer le panorama sur la vallée de l'Ognon, la vallée du Doubs et les collines de Gy entre autre. Ces quelques activités, l'étendue de la forêt et ses nombreuses promenades ne pourront pas à coup sûr vous lasser.





Fort de Chailluz


Le fort fait partie de la première phase de construction du camp retranché de Besançon dont la mise en place s'étala de 1872 à 1880. Portant le nom de la forêt au sommet de laquelle il se trouve (la forêt de Chailluz), le fort est surtout connu des bisontins comme le « fort de la Dame blanche » en relation avec la légende éponyme. En 1887 il se voit attribuer, suite au décret Boulanger, le patronyme du général de division François Joseph Kirgener tué par un boulet le 22 mai 1813 à l'issue de la bataille de Reichenbach.
Avec le fort de Châtillon-le-Duc et la batterie du Calvaire, le fort de Chailluz élargit vers le nord le camp retranché de 1870 afin de tenir compte de l'accroissement de la portée des canons. Sa mission était d'interdire le passage de 4 km le séparant de Thise, à l'est de la forêt de Chailluz.
Construit de 1875 à 1878 en maçonnerie, il est du type Séré de Rivières à massif central et batterie basse. Il occupe le point haut (619 m) de la crête dominant au sud la vallée de l'Ognon. Son front nord, suivant la limite intercommunale Besançon-Bonnay, domine la falaise. Il n'est de ce fait entouré de fossés que sur trois côtés, le fossé ouest franchi originellement par un pont-levis étant celui où arrive le chemin stratégique venant de la clairière des Petites Baraques.
Description
Le premier camp retranché de Besançon est construit hâtivement durant la guerre franco-allemande de 1870. Après la défaite et le retrait des armées allemandes, le général Séré de Rivières lancera son programme national de défense des frontières comprenant notamment la création de ceintures de forts autour des principales places de l'Est. Celui-ci se concrétisera sur Besançon par la construction ou le remaniement entre 1872 et 1880 d'une redoute, de dix forts (dont Chailluz) et sept batteries.
De forme rectangulaire (210 m sur 120 m), avec une escarpe sud en deux pans, le fort était prévu pour accueillir 598 hommes dont 15 officiers et être armé de 25 pièces d'artillerie dont 10 mortiers. Ses effectif et armement varieront ensuite au fil des années. Le casernement, le magasin à poudre et divers locaux (magasins à vivres et matériel, boulangerie, infirmerie...) occupent la partie centrale de part et d'autre d'une étroite cour de 75 m ; deux chemins du rempart permettent la circulation des hommes et du matériel autour de ce massif dont la partie supérieure reçoit une crête d'infanterie. Partant du massif central, cinq longues traverses assurent la protection latérale de la garnison et encadrent, sur l'extérieur, huit traverses-abris entre lesquelles sont aménagés les plate-formes d'artillerie orientées essentiellement vers le sud et l'est. Une batterie-annexe, à gauche de l'entrée, est dirigée vers la plaine au nord.
Afin de communiquer avec Besançon et les places distantes (Dijon, Belfort et Langres), le fort était équipé de deux postes optiques par signaux lumineux.
Le flanquement des fossés était assuré par deux caponnières-doubles en maçonnerie comme les murs des fossés. Malgré les fortes épaisseurs de terre au-dessus des casemates, le fort n'était plus à l'épreuve des bombes lorsque l'obus-torpille chargé d'explosif brisant remplaça, en 1885, les traditionnels obus à poudre noire. C'est pourquoi, entre 1890 et 1893, une caserne bétonnée sera aménagée en sous-sol derrière l'escarpe du fossé ouest.

Le fort hier et aujourd'hui
Le fort de Chailluz n'a pas eu d'utilisation militaire. Désaffecté après la première guerre mondiale il a été, comme d'autres forts de la place, occupé par les Allemands après 1940. La commune de Besançon, qui en est l'actuel propriétaire, a autorisé l'installation à l'intérieur d'un pylône supportant plusieurs émetteurs de télécommunications. Le fort ne se visite pas du fait de risques d'éboulement.

Outre les batteries de la Fourche et de la Charrière, on peut découvrir librement les magasins à poudre des Montarmots et de la Charrière, mais celui de la Fourche est fermé (grilles aux deux entrées). Ces ouvrages sont sur des terrains communaux.


Légende de la Dame Blanche


"Près de Besançon, au cœur de la forêt de Chailluz existe entre autres lieux mal famés, une vallée sans issue qui s'appelait autrefois "la Combe de l'Ermite" et qui, par de diaboliques circonstances se nomme aujourd'hui "la Combe de l'Homme Mort".

Il y a 400 ans, un vieil homme décide de se retirer du monde pour vivre en ermite dans la solitude et le recueillement de la forêt. Nul ne sait comment il parvient à survivre et à se nourrir. Le bruit se répand vite que le Foletot, roi des Esprits des grottes, une riche Dame-Blanche et la Vouivre elle-même le visitent fréquemment pour ses sages conseils, le couvrant en retour de mille trésors. Le fait devient si répandu, qu'un jeune homme envieux et toujours en quête de fortunes, nommé Colbus décide de s'emparer du trésor de l'ermite que l'on dit colossal. Il se rend un soir dans la grotte du vieillard, l'égorge sans pitié puis fouille et retourne sens dessus-dessous les maigres affaires de l'ermite. Il ne trouve pour solde de son crime qu'une petite bourse contenant des médailles pieuses en cuivre, et la perte de son âme qui revient, suite au meurtre, dans les griffes du Diable.
Un pacte infernal est signé. Méphisto se montre bon prince des ténèbres avec le pauvre Colbus qui mène pendant cinquante ans une vie de richesse et de luxure. Ce qui était, somme toute, la contre-partie de son âme perdue. On ne parle de lui que comme d'un grand seigneur ami des plaisirs, superbe, oisif adoré de toutes les femmes, jalousé de tous les maris.
Pourtant, un soir de terrible orage, voilà que notre richissime criminel se trouve perdu dans la tourmente, au milieu des éclairs sous une pluie torrentielle. Abandonné par son cheval qui s'est précipité dans un ravin, Colbus est accueilli dans une petite chaumière de bûcheron isolée, sise un milieu de "la Combe de l'Ermite". Il raconte son aventure à ses hôtes lorsqu'on frappe de nouveau à la porte. Entre alors un singulier personnage, pauvrement vêtu, petit et osseux, le corps frêle mais avec un visage fascinant au milieu d'une blanche chevelure tourmentée et réhaussée par des yeux où flamboye une étrange lueur. Tous s'installent autour du feu et racontent de vieilles histoires de veillée. Alors le petit vieux demande à la bûcheronne si elle connaît la légende du pauvre ermite assassiné. L'hôtesse rapporte cette sombre affaire et Colbus reste silencieux, pâle et torturé au souvenir de son horrible crime et de son pacte avec le Diable qu'il avait depuis longtemps oublié.
Le vieillard remarque son malaise et éclate d'un rire sardonique. Il lui dit d'une voix grinçante : "Hé bien, jeune homme, il semblerait que la légende du pauvre ermite ne vous plaise guère. L'auriez-vous connu par hasard ?" Saisi tout à coup de panique, ne supportant plus l'odeur de souffre qui émane du petit homme, Colbus sort de la chaumière précipitamment et, sans répondre, se sauve dans la tempête. Quelques instants passent et le petit vieux, les yeux étincelants, dit aux bûcherons : "Je vais aller à la recherche de ce jeune homme, il m'avait l'air effrayé et je crains pour sa santé par ce violent orage". Puis il sort, laissant derrière lui une traînée sulfureuse.
Le lendemain, on retrouva au milieu du bois, près de la petite grotte où avait vécu l'ermite, le cadavre calciné de Colbus, recroquevillé sur lui-même, tordu, comme martelé par les flammes de l'Enfer. C'est depuis ce temps, dit-on, que "la Combe de l'Ermite" s'appelle "la Combe de l'Homme mort".







Le Gros Tilleul

Mensurations : 15 m de hauteur, 1m60 de diamètre.
Cet arbre, agé d'environ 360 ans, est dessiné sur le premier plan forestier connu de la forêt de Besançon, datant de 1699.
Conservé près du fossé de limite de la forêt, il joue le rôle de borne : localement il porte le nom de "panoi"  ou "pied comier". 




jeudi 10 décembre 2015

10 décembre 2015 : Montaigu <-> St-Maur

Distance : 21 km - Dénivelé : 590 m


L'indice IBP d'effort est de 73 (suivant l'échelle de la FFRP). Un score compris entre 51 et 75 correspond au niveau 3 qualifié de "PEU DIFFICILE". La randonnée pédestre nécessite un certain engagement physique qui reste toutefois mesuré. Ce niveau correspond à des randonnées pédestres modérées.

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Golf du Val de Sorne


Golf du Val de Sorne

Golf du Val de Sorne



Golf du Val de Sorne

Vernantois

Vernantois





Panorama depuis Belvédère N-D d'Airey



N-D d'Airey





Table d'orientation de la Croix Rochette


Mont Blanc depuis T. d'orientation de la Croix Rochette

Panorama depuis T. d'orientation de la Croix Rochette

Panorama depuis T. d'orientation de la Croix Rochette

St-Maur depuis la Table d'orientation de la Croix Rochette

Eglise Romane St-Maur

Pierre-François NERON


Jeunesse et vocation missionnaire
Né en 1818 à Bornay, il mène d'abord une vie insouciante. À 19 ans, empêché par son père d'aller danser, il passe la nuit à une lecture qui provoque sa "conversion"1. Il s'agit du traité spirituel Pensez-y bien ou Réflexions sur les quatre fins dernières du P. Paul de BarryS.j., qui connaît un grand succès auprès des jeunes catholiques de son époque. Aidé par son curé, il se met alors à l'étude.
Pierre-François Néron a vingt ans lorsqu’il entre au petit séminaire de Nozeroy. De là, il passe au petit séminaire de Notre-Dame, à Vaux-sur-Poligny, puis au grand séminaire de Lons-le-Saunier. Entré laïque le 1er août 1846 au Séminaire des Missions Etrangères de Paris, il reçoit l'ordination sacerdotale le 17 juin 18483.
Activité missionnaire
Il part le 9 août 1848 pour le Tonkin occidental, aujourd'hui au nord du Viêt Nam. En 1852, il est chargé du district de Kim-son ; en 1854, il est nommé supérieur. Sa présence ayant été signalée aux autorités, il est obligé de se cacher. En 1859, il passe tout son temps à la recherche d’un asile. Le 6 août 1860, il est arrêté, et emprisonné. Ayant déclaré devant les juges qu’il était venu au Tonkin "dans le but d’y prêcher l’Evangile", il est condamné à mort.
Martyre
Il vit trois mois enfermé dans une cage minuscule, atrocement battu de verges, privé de tout aliment pendant trois semaines avant d'être décapité. Le 3 novembre 1860, il est décapité. Avant de mourir, il reçoit les excuses de ses amis vietnamiens qui l'ont dénoncé aux autorités, et il leur donne son pardon :
« C’est bien. Je vous pardonne tout ! »
Postérité
Il a été déclaré Vénérable par Léon XIII le 13 février 1879, et Bienheureux par Pie X, le 11 avril 1909­ ; les solennités de sa Béatification ont été célébrées à Saint-Pierre de Rome le 2 mai suivant. Il est canonisé le 19 juin 1988 par le Pape Jean-Paul II.


La Paroisse Saint Pierre-François Néron à Macornay dans le Jura porte aujourd'hui son nom.

Monument du Bienheureux Néron

Monument du Bienheureux Néron


Monument du Bienheureux Néron









La côte de Mancy


La côte de Mancy est un coteau de près d’1,5 km de long du nord au sud, fermant l’entrée de la reculée de Vernantois et son débouché, coté ouest, sur la Bresse. Partie intégrante du Revermont, elle fait le lien avec la Petite Montagne plus au sud avec laquelle elle présente nombre de similitudes. D’abord connue pour sa diversité en lépidoptères, c’est aussi un des rares sites périurbains où 10 des 12 espèces de reptiles franc-comtois cohabitent.
Ses milieux secs de pelouses calcaires marneuses, ses faciès d’enfrichement sous la forme de diverses fruticées, ses zones rocheuses et éboulis offrent sur une surface modeste quantités d’habitats favorables à une foultitude d’espèces animales et végétales, dont l’inventaire ne fait que commencer. Des suivis communs aux réserves naturelles (protocoles rhopalocères et milieux ouverts) ou spécifiques (suivi du lézard vert à deux bandes, de la laineuse du prunellier, du damier de la succise, des oiseaux nicheurs) sont pratiqués sur ce territoire protégé. À plus grande échelle, l’identification du réseau de pelouses sèches périphériques et la connaissance de la répartition des espèces dans les 10 km alentour permettent d’envisager un début de compréhension de la fonctionnalité propre du réseau pour ces populations animales (comme l’ascalaphe soufré, le dectique verrucivore, le damier de la c, l’azuré de la croisette, l’alouette lulu, le lézard vert à deux bandes).
La gestion de la dynamique végétale est réalisée via le pâturage de chevaux konik polski, auxiliaires herbivores propriété de l’exploitation du lycée agricole jouxtant immédiatement la réserve naturelle. Quand ils ne sont pas là, ils paissent sur d’autres territoires remarquables du massif du Jura. Des travaux manuels de débroussaillage voire du gyrobroyage complètent épisodiquement cette gestion par le pâturage.
L’accès du public est libre, dans la limite de la réglementation sur la circulation des personnes (uniquement pédestre) et de leurs animaux domestiques (chiens uniquement tenus en laisse). De nombreuses animations sont proposées tant sur le site qu’en périphérie, résultat de la collaboration entre Jura nature environnement et le Conservatoire d'espaces naturels de Franche-Comté


Belvédère Montaigu

Eglise de Montaigu


L’église Montaigu est dédiée à Saint Blaise Evêque martyr d’Arménie vers l’an 310
De la première église bâtie peut-être vers 1238, il ne reste rien. Les guerres de conquête de la Franche-Comté suivirent la destruction et le massacre des populations. Sous les règnes de Louis XI, Louis XIII et Louis IVX se déroulèrent des drames qui garderont le nom du bourreau Bide de Saxe Veimard,… mais aussi celui de notre héros Lacuzon.

L’église de Montaigu (inscrite au MH-46) succède à celle de Chavenay, ‘’ville antique toute proche, que l’empereur Lothaire II restitua le 1er février 869 à l’archevêque de Besançon ARDVICUS et qui avait appartenu à ses prédécesseurs GEDEON et ADON à la fin du VIIIème  siècle et début du IXème. En 1089, une bulle d’URBAIN II en faveur des moines aujourd’hui Baumes les Messieurs atteste une église. Un prieuré viendra ensuite mais ne durera pas .
Début XIIIème, CHAVENAY perd toute activité au profit de ce MONT aigu qui voit s’élever des constructions importantes. Une entente entre THIBAUD, abbé de Baume et le ‘’Comte’’ ETIENNE permet à ce dernier d’élever un château à condition qu’il élève aussi ‘’une église pour les moines’’ de l’ancien prieuré de CHAVENAY .
Cette église, à nef unique, semble avoir été commencée dans le dernier tiers du XIIIème siècle et achevée dans le premier quart du XIVème.
Accédant par le porche sous le clocher, le visiteur remarque un portail encadré par deux paires de colonnettes avec chapiteaux ornés de feuillages pour l’un, de crochets pour l’autre. Portail surmonté d’un tympan nu, orné d’un arc trilobé et d’une voussure brisée.
Poussant la porte, il découvre un ample vaisseau à cinq travées. La voûte est constituée d’ogives s’appareillant autour d’une clé modeste taillée à quatre branches et d’arcs retombants sur des tailloirs portés par des demi-chapiteaux ornés de feuilles ou de crochets.
Par endroits des têtes, sortes de macarons, sont d’époque récente. Sur la 3eme travée, se sont greffées à l’époque classique, deux chapelles voûtées d’arêtes.  A la même époque, les fenêtres latérales ont été agrandies et haussées jusqu’à la voûte. le chevet plat reçoit un crucifix et deux statues.


A l’extérieur, le clocher bâti en 1685, succède à un plus ancien très modeste, alors dressé sur le cœur qui se trouve à l’est. Garni de hauts contreforts, se dresse des étages inégaux, soulignés par des bandeaux. Le dernier niveau possède des baies géminées en plein cintre ou à meneaux de tradition gothique. Une tourelle ronde, naissant dans l’église, se prolonge jusqu’à la base de la flèche. Celle-ci, à 8 pans, est semblable à celle de Saint Désiré.


Claude Joseph Rouget de Lisle

Né le 10 mai 1760 à Lons-le-Saunier, fils de Claude Ignace Rouget et de Jeanne Madeleine Gaillande, il est l'aîné d'une famille de 8 enfants (5 garçons et 3 filles dont il est l'aîné). Sa naissance dans cette ville est surtout le résultat d'un cas fortuit, car ses parents habitent en fait à Montaigu petit village distant d'une lieue environ. Sa mère venue au marché hebdomadaire de Lons-le-Saunier, mais enceinte elle est prise de douleurs et accouche sur place dans une maison amie.
Rouget de Lisle passe sa jeunesse dans ce petit village où, au contact de ses parents mélomanes il se passionne vite pour la musique en général et le violon en particulier.
Toutefois son père l'oriente très vite vers le métier des armes et il entre à l'Ecole Militaire de Paris le 5 mai 1776, après avoir greffé la mention nobiliaire"de Lisle" à son nom "Rouget", prenant par besoin la particule qui appartenait à son grand-père. En effet seuls les gentilshommes sont admis dans ces murs militaires. Resté célibataire, il revient à Montaigu comptant y passer ses vieux jours, mais ruiné il doit vendre le domaine et remonte à Paris se loger dans une mansarde du Quartier Latin.
Malade et sans argent c'est son grand ami le général Blein qui lui offre l'hospitalité à Choisy-le-Roi. Il fut aussi hébergé dans la famille Voiart qui possédait une jolie demeure dans la partie haute de la ville. C'est ainsi qu'il vivote de 1826 à 1836, grâce à une petite pension attachée à la Légion d'honneur que lui a attribué Louis-Philippe Ier.
Il décède le lundi 26 juin 1836 à plus de 76 ans, à Choisy-le-Roi et est inhumé dans l'ancien cimetière.
C'est sous la IIIe République, qu'eut lieu le 13 juillet 1915 l'exhumation et le 14 juillet 1915 la translation des cendres de Rouget de Lisle sous le dôme des Invalides.

Sa carrière
A la sortie de l'Ecole Militaire de Paris, il entre le 1er janvier 1782 à l'Ecole royale du génie de Mézières, renommée pour la qualité de ses ingénieurs de haut niveau. Ses élèves forment un corps qui est mis en valeur lors des campagnes Napoléoniennes.
Rouget de Lisle élève moyen, fait son devoir sans faillir et côtoie alors Lazare Carnot surnommé l'Organisateur de la victoire , Coulomb et sa célèbre loi sur l’électricité et le magnétisme, Cugnot qui créa un engin destiné à remplacer les attelages de l'Artillerie en campagne, Pierre L'Enfant qui fut choisi par le président George Washington lui-même pour marquer ensemble l'emplacement du bâtiment qui devait au final s'appeler la Maison Blanche.
C'est dans cette école du génie civil qu'il est promu sous-lieutenant en 1782 et en sort aspirant-lieutenant en second au corps royal du génie le 1er avril 1784.
Nommé lieutenant en premier le 15 septembre 1789 puis Capitaine de 5e classe en 1791, suspendu de ses fonctions en août 1792 et réintégré en octobre de la même année, suspendu à nouveau en août 1793 et réintégré le 30 Ventôse de l'an 3 (20 Mars 1795). Il fut désigné pour être employé à l'Armée du Rhin le 25 Floréal de l'an 3 (14 Mai 1795). Finalement le 30 Ventôse de l'an 4 (20 Mars 1796) nommé Chef de bataillon, il démissionne le 9 Germinal suivant (29 Mars 1796).

Historique de la Marseillaise
Reprenons en 1791, année où il rejoint l'Armée du Rhin et se trouve en garnison à Strasbourg, affecté au bataillon "Les enfants de la Patrie". Toujours habité par la musique et la poésie, il est très familier des milieux artistiques de la ville et finalement il est accueilli dans le salon du maire Dietrich, où se côtoient hommes politiques, officiers et nombreux musiciens dont Ignace Pleyel futur célèbre compositeur. Le baron Philippe-Frédéric de Dietrich est maire de Strasbourg en 1790, 1791 et 1792 mais guillotiné le 29 décembre 1793.
Ce dernier le 25 avril 1792, le reçoit dans son salon où ce soir là règne une grande effervescence car un courrier vient d'arriver de Paris, annonçant la déclaration de guerre faite le 20 avril 1792, par l'Assemblée législative au roi de Bohême et de Hongrie.
"Mais vous, monsieur de Lisle ... trouvez un beau chant pour ce peuple soldat qui surgit de toutes parts à l'appel de la patrie en danger et vous aurez bien mérité de la Nation" lui demande alors le baron qui souhaite qu'un chant hardi puisse encourager les soldats qui montent au front, en place du traditionnel "ça ira, ça ira".
Or le matin de ce jour, en sortant de chez lui Rouget de Lisle tombe en arrêt devant une affiche apposée sur les murs de Strasbourg dont le texte émanant de la Société des Amis de la Constitution est le suivant :
Aux armes,citoyens ! L'étendard de la guerre est déployé ! Le signal est sonné ! Aux armes ! Il faut combattre, vaincre, ou mourir.
Aux armes, citoyens ! Si nous persistons à être libres, toutes les puissances de l'Europe verront échouer leurs sinistres complots. Qu'ils tremblent donc, ces despotes couronnés ! L'éclat de la Liberté luira pour tous les hommes. Vous vous montrerez dignes enfants de la Liberté, courez à la Victoire, dissipez les armées des despotes !
Marchons ! Soyons libres jusqu'au dernier soupir et que nos vœux soient constamment pour la félicité de la patrie et le bonheur de tout le genre humain !
Ces paroles sont certainement un élément clé pour Rouget de Lisle et après une nuit passée à composer (du 25 au 26), à essayer sur son violon diverses mélodies, il se rend dès le matin chez le baron de Dietrich. Le soir nouveau repas au cours duquel il présente son essai devant un auditoire conquis.
En fait ce n'est pas Rouget de Lisle qui aurait interprété l'hymne comme le laisse supposer l'image du tableau de David en haut de cette page, mais le maire lui-même, belle voix de ténor, accompagné au clavecin par son épouse Mme de Dietrich. Le triomphe est immédiat et le "Chant de guerre de l'armée du Rhin" est adopté et repris en cœur toute la soirée.
Il est aussitôt copié et largement distribué, et c'est ainsi que des voyageurs en propagent les paroles et l'air dans tout le pays. Son exécution publique a lieu le 29 avril 1792 par les 812 hommes du Bataillon de Rhône et Loire.
Il se trouve qu'au même moment en juillet 1792, à Marseille des volontaires se préparent à monter à Paris pour combattre l'invasion et défendre "la patrie en danger". Subjugués par les paroles de ce chant recopié sur des feuillets, les fédérés marseillais entonnent celles-ci tout au long de leur très long voyage. Dans les villes et villages traversés, ils reprennent sans cesse ce chant et des volontaires les rejoignent spontanément.
Le bataillon de Fédérés marseillais entre à Paris le 30 juillet 1792 en chantant la "Chant de guerre pour l'armée du Rhin", puis il participe à l’insurrection du palais des Tuileries le 10 août 1792. Il n'en fallait pas plus pour que les parisiens appellent spontanément ce chant l'Hymne des Marseillais puis la Chanson Marseillaise et enfin tout simplement la "Marseillaise", nom qui lui est resté.
Quelques semaines plus tard, lors de la bataille de Valmy les paroles de la Marseillaise sont reprises et chantées par des milliers de combattants.
Le premier couplet des Enfants a été ajouté en octobre 1792 par l'abbé Pessonneaux de Vienne, dont l'idée est empruntée au chant des Spartiates, rapporté par Plutarque. "Nous entrerons dans la carrière..."

Hymne national "La Marseillaise"
La Marseillaise s'appela ainsi un certain 30 juillet 1792, et fut ensuite décrétée chant national le 14 juillet 1795 par la Convention qui fait exécuter l'Hymne par l'Orchestre de l'Institut National de Musique... mais interdite sous l'Empire et la Restauration. Elle revient à l'honneur pendant les Cent-Jours, en 1815 avec Napoléon 1er.
Lors des révolutions de 1830 (Berlioz en élabore une orchestration qu'il dédie à Rouget de Lisle. ) et de 1848, la Marseillaise est universellement reconnue et devient l'hymne national de la République Française le 14 mars 1879.
A Paris, elle est symbolisée par un bas-relief du sculpteur François Rude, sur l'Arc de Triomphe de la place de l'Étoile, intitulé "Le départ des soldats de l'An II". (photo de la page précédente)
A Lons-le-Saunier, la statue de Rouget de Lisle qui est érigée en 1882 sur la place de la Chevalerie, est œuvre du sculpteur Bartholdi. Il est représenté portant le drapeau tricolore et chantant l'hymne qu'il a créé.
A Choisy-le-Roi une statue le représente au carrefour qui porte son nom.

Suite...  la loi
Hymne national sous la IIIe République, le ministère de l'Éducation Nationale conseille d'en pratiquer le chant dans les écoles à partir de 1944. La Constitution de 1946 (IVe République) et ensuite celle de 1958 (Ve République) conservent La Marseillaise comme hymne national (article 2 de la Constitution de 1958) et cette pratique est maintenant obligatoire à l'école primaire (loi du 19 février 2005).

Lacuzon



C’est en 1674 que la Franche-Comté (Jura, Doubs, Haute-Saône et territoire de Belfort) fut rattachée à la France, après 39 années de guerre dont Lacuzon fut le héros.
Claude Prost, dit Lacuzon, est né à Longchaumois en 1607 de parents cultivateurs et, n’ayant pas la vocation paysanne, il descendit à Saint-Claude où il exerça (peut-être ?) le métier de cordonnier. Marié à Jeanne Blanc le 31 octobre 1632 avec qui il eut 2 filles, il semblait conduit à une vie rangée de petit artisan à l’ombre de la célèbre abbaye sanclaudienne.

1636 : Sa destinée bascule
Le cours de sa vie changea avec la guerre que Richelieu, alors ministre de Louis XIII, déclenche contre la Maison d’Autriche pour annexer la Franche-Comté. Lorsque Dole est assiégée par 18000 hommes, sous la conduite du Grand Condé, Claude Prost est mobilisé avec une troupe de Sanclaudiens et son ascendant sur les soldats ne va pas cesser de grandir. Hardi mais prudent, il est bientôt surnommé « La Cuson », en patois « le souci ».
1636-1642 : Une période abominable
La Franche-Comté est presque totalement occupée par les Français aidés des mercenaires suédois. Seules Dole, Salins, Besançon et Gray résistent. C’est la période la plus terrible qu’on puisse imaginer. Les « gris » ravagent, pillent, incendient, tuent et commettent les pires horreurs contre ceux qui leur résistent. De plus, la famine et la peste déciment la population et le pays semble devenir un désert. C’est à cette époque que la carrière militaire de Lacuzon prend son envol. Il mène une lutte implacable contre les « gris » de Lespinassou dans la région de Lons et de Bletterans.

Lacuzon « prend du galon »
En 1637, il rallie « la terce », une unité régulière de 1000 cavaliers et 2000 fantassins commandée par le baron d’Arnans. Ce dernier délègue alors à Lacuzon la garde d’un poste de grande importance stratégique commandant l’accès de la vallée de la Bienne à Vaux-les-Saint-Claude.
Mais en 1639, la situation est des plus critiques : les Comtois sont submergés et ne tiennent plus que quelques places fortes, dans le secteur montagneux surtout. Ils ne peuvent ainsi empêcher le sac et l’incendie de Saint-Claude. Pourtant, l’ennemi se retire rapidement de ces rudes montagnes du Haut-Jura trop difficiles à tenir en occupation et… Lacuzon reprend le contrôle de la situation. Son rôle alors terminé, d’Arnans quitte la Franche-Comté, tout en faisant octroyer à Lacuzon le commandement du château de Montaigu.

Le château de Montaigu devient sa résidence
1642 : Lacuzon s’est installé dans les ruines de son nouveau château, véritable nid d’aigle surplombant Lons-le-Saunier et la plaine occupées. Bien remise en état, sa forteresse semble imprenable par l’ennemi, ce qui lui vaut de chaudes félicitations du gouverneur et du Parlement de Dole.
Pendant de longues années, jusqu’à la conclusion du traité de paix des Pyrénées de novembre 1659 qui confirme l’appartenance de la Comté à la Maison d’Espagne, la situation demeure confuse. Quelques raids et coups de main ravagent surtout les régions frontières ; en 1644, Turenne s’empare de Baume-les-Dames, Vesoul et Luxeuil.
Pour Lacuzon, ce sera une grande époque de sa carrière. De Montaigu, où il s’est installé avec femme et chapelain, il ne cesse de harceler les communications de l’ennemi. A cette époque il s’empare du château fortifié de Saint-Laurent la Roche qui commande l’accès du Revermont et qui était occupé par les Français depuis 1637. La prise de cette place forte a un grand retentissement politique en Franche-Comté et, en 1642, le Roi d’Espagne accorde officiellement à Lacuzon la capitainerie et le commandement de ce château.

Un véritable seigneur
S’étant beaucoup enrichi, notre héros franc-comtois vit sur le pays comme il est alors admis à l’époque, pillant les convois ennemis et libérant contre de fortes rançons ses nobles prisonniers…
En 1643, âgé de 36 ans et après 7 années de guerre, il a une situation exceptionnelle. Parti simple soldat, il est maintenant gouverneur des châteaux de Montaigu, Saint-Laurent et Arlay. Sa présence derrière les murs fortifiés rassure la population qui reprend courage, mais ses activités militaires se limitent de plus en plus à la répression des pillages et abus commis par des bandes de soldats déserteurs.
Par contre, sa générosité reste intacte et il la manifeste parfois avec ostentation, faisant par exemple un don considérable de 500 F à Saint-Claude pour la remise en état d’une chapelle brûlée par les « gris », y ajoutant 100 écus pour une fondation de messe perpétuelle… C’est à cette époque aussi qu’il achète, à Montaigu, une importante propriété où il fait construire une belle maison et, en 1651, il s’y installe définitivement avec sa femme et ses deux filles.

Lacuzon n’est pas toujours irréprochable…
Pendant toutes ces années, il règne un peu en satrape oriental sur ses capitaineries et il lui arrive, hélas de commettre de nombreux abus… Naturellement « galant », il n’hésite pas à violenter les femmes qui lui résistent : bref, il se crée alors de nombreux ennemis. Des plaintes sont portées contre lui au Parlement de Dole et il est arrêté, emprisonné quelque temps à la conciergerie. On lui confisque son château de Saint-Laurent, son procès est instruit et suivi avec passion et les plaintes, graves ou futiles, s’accumulent. Mais Lacuzon a des amis dévoués et on se souvient en particulier des services rendus…
Finalement, le 22 novembre 1659, il est absous par le Roi d’Espagne, par le Parlement de Dole et acclamé par le sentiment populaire. Saint-Laurent la Roche lui est restitué. Et comme le traité de paix des Pyrénées vient d’être signé (le 7 novembre), les Français évacuent les territoires qu’ils occupent.

La paix ne sera pas durable
Louis XIV, roi de France depuis 1643, n’a pas renoncé à cette province de l’Espagne, mal gouvernée par la reine Marie-Anne d’Autriche. Celle-ci ne fait rien pour renforcer les défenses ni galvaniser le patriotisme de ses habitants. Emoussés par 24 années de luttes épuisantes, les Franc-Comtois sont de plus en plus divisés. Un fort parti de la noblesse penche de plus en plus du côté de la France et Lacuzon a du mal à obtenir munitions, soldats et subsides.
En 1668, Condé entre en Franche-Comté avec 20 000 hommes et s’empare de Besançon, Salins, Dole et Gray. Toutes les autorités sont prêtes à prêter serment à Louis XIV.
Lacuzon est sommé par le nouveau gouverneur français de remettre son château de St-Laurent aux troupes royales et de venir faire sa « soumission officielle ». Il prête serment, revient à St-Claude, prêt à passer en Suisse si les Français lui voulaient du mal. Ces derniers détruisent de fond en comble ses châteaux de Montaigu et de St-Laurent.

Nouveau coup de théâtre
Le 2 mai 1668, le nouveau traité de paix signé à Aix-le-Chapelle restitue, une fois de plus, la Franche-Comté à l’Espagne, mais c’est désormais une province divisée entre « résistants » et « collaborateurs » que notre héros franc-comtois doit défendre.
La Cour d’Espagne envoie alors  un gouverneur flamand, le Prince d’Arenberg, qui fait immédiatement appel à …Lacuzon dont il a appris la fidélité et les capacités. Il lui confie le commandement d’un baillage dont Lons est le centre, avec des pouvoirs quasi absolus.
Pendant six nouvelles années, Lacuzon va jouir de la confiance totale et méritée du gouverneur espagnol. Il s’efforce de vaincre l’apathie, voire l’hostilité de la population, tente de reprendre la lutte, et doit venir à bout d’un certain marquis de Listenois. Celui-ci, à la tête d’une importante faction de la noblesse comtoise, ne pourra pourtant venir à bout de Lacuzon, s’enfuit finalement et se réfugie en France.

Derniers soubresauts d’une guerre qui n’a que trop duré
1673 : La guerre n’est pas loin et le Roi Soleil sait bien qu’il peut compter désormais sur de nombreux partisans. Il envoie une armée considérable et fait capituler Besançon. Le 4 juin 1674, la ville de Salins est, elle aussi, investie par les troupes du Duc de Luxembourg : ce sera l’ultime bataille qui clôturera la conquête définitive de la Franche-Comté. Lacuzon tente désespérément de résister encore mais, sous la pression des notables salinois, une trêve est conclue.
La Franche-Comté est aux abois, mais elle a fait payer cher au Roi de France sa conquête finale, et son honneur est sauf…
Lacuzon aurait pu se retirer tranquillement à Montaigu. Mais, à 67 ans, il ne peut se résigner à voir le drapeau « fleur de lys » flotter sur son Haut-Jura et à devenir la cible désarmée des rancunes accumulées contre lui…
Il décide de se réfugier à Milan, citadelle espagnole. Il fait ses adieux à sa famille qu’il laisse à Montaigu ou à Saint-Claude et rédige son testament. Il se sépare de Denise Gobet, « sa jeune et accorte gouvernante » qui lui sert de « femme de campagne ». Et, 9 mois après, celle-ci déclarera la naissance illégitime d’un fils dont elle attribue la paternité à Lacuzon…
En 1678, arrivé à Milan, il reprend la lutte en dirigeant une expédition contre les Siciliens révoltés. Et c’est le 17 septembre de cette même année que La Paix de Nimègue consacre l’annexion de la Franche-Comté et rétablit la paix entre la France et l’Espagne: Lacuzon peut rentrer librement dans son pays natal.

Les derniers jours de Claude Prost
Lacuzon, alors âgé de 72 ans, revient dans le Jura à la fin de 1679. Sa femme y est morte, ainsi que Anne-Marie, sa fille préférée. De plus, l’attitude de son gendre, qui s’est rallié avec sincérité à la France, lui semble une forfaiture. Il refuse donc de rester dans cette Franche-Comté qu’il considère toujours comme injustement occupée et décide de retourner à Milan.
Il marque un temps d’arrêt à Longchaumois , son village natal, puis quitte définitivement le Jura. Il meurt à Milan le 21 décembre 1681, entouré de ses camarades d’exil.
Telle fut la destinée du Capitaine Lacuzon. La légende s’en est emparée, l’a embellie, déformée, et le Lacuzon du célèbre roman de cape et d’épée de Xavier de Montépin « Le Médecin des Pauvres » n’a pas grand chose de commun avec le brave soldat loyal et malheureux qu’il fut réellement. Mais Lacuzon est un nom qui résonne en Franche-Comté comme l’écho fidèle de la fameuse devise :




vendredi 4 décembre 2015

3 décembre 2015 : Besançon <-> Montfaucon


Distance : 19 km - Dénivelé : 465 m


L'indice IBP d'effort est de 67 (suivant l'échelle de la FFRP). Un score compris entre 51 et 75 correspond au niveau 3 qualifié de "PEU DIFFICILE".La randonnée pédestre nécessite un certain engagement physique qui reste toutefois mesuré. Ce niveau correspond à des randonnées pédestres modérées.

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Citadelle de Besançon

Traversée du Doubs












Ruines du château et du Bourg de Montfaucon

Aux origines

Tout commence au milieu du XIe siècle quand apparaissent, cités dans les textes les premiers seigneurs de Montfaucon : Conon surnommé Le Faucon (v. 1040) et Richard qui prend le titre de sire de Montfaucon (v. 1085). Originaires du nord est de la Franche Comté où ils ont d’importants domaines, ces seigneurs viennent s’implanter aux abords de Besançon alors ville épiscopale en plein essor, au moment même où la Franche-Comté, devenue terre d’Empire, passe dans la mouvance des souverains germaniques : pour avoir un pied à proximité de la cité et mieux contrôler la route qui conduit de Besançon à la Porte de Bourgogne et en Alsace, ils obtiennent de l’archevêque, la concession en fief de terres, sur lesquelles ils construisent un château.
C’est l’ère des châtellenies, durant laquelle se multiplient les forteresses de ce type qui remplissent un triple rôle : résidence seigneuriale, centre administratif (où s’exerce le ban seigneurial, c'est-à-dire l’autorité) et forteresse (rôle militaire).
Plus tard, Richard († 1148) épouse Sophie, l’héritière du comté de Montbéliard.
Dès lors, les deux familles fusionnent et jusqu’au début du XVe siècle, l’histoire des Montfaucon se conjugue avec celle des comtes de Montbéliard.
Venant s’ajouter à leurs origines territoriales, ce mariage explique toute leur stratégie féodale : dominer les plateaux du nord-est de la Franche-Comté de Besançon à Montbéliard.
Il explique aussi les armoiries communes des deux familles « de Gueules à deux bars adossés d’or », c’est-à-dire un écu à fond rouge avec deux bars (deux poissons) accolés. Descendant de Louis de Mousson, comte de Bar en Lorraine, les sires de Montfaucon-Montbéliard ont adopté ses armoiries, qui comportent un jeu de mots entre le nom de famille et les poissons.
 Les deux bars furent jusqu’au début du XVème siècle les armoiries de l’aîné du lignage des Montfaucon-Montbéliard, celui qui portait le titre de comte de Montbéliard ; quant au cadet, qui avait en apanage la seigneurie de Montfaucon proprement dite, il avait adopté des armoiries spécifiques, rappelant sa position de puîné.

A propos des armoiries des Montfaucon.


L’usage des armoiries vient de l’émergence de la noblesse en tant que classe sociale dominante et de la généralisation, au cours des XIe et XIIe siècles, d’un équipement militaire uniforme (casque et cotte de mailles) qui ne permettait pas de reconnaître les combattants ; aussi les chevaliers prirent-ils l’habitude de peindre sur leur bouclier (ou écu) des figures distinctives, les armoiries ou armes (sortes de logos), bientôt considérées comme des attributs de la personne et du lignage, au même titre que le nom ; puis ces symboles furent appliqués sur le reste de l’équipement (bannière, chevaux, etc.).
Ce lien entre des armes et leur titulaire a ensuite été repris dans la composition des sceaux, qui permettaient d’authentifier les actes écrits. Les armoiries sont ainsi l’image de la personnalité juridique du lignage, décryptée à travers le langage du blason. Au début les figures employées furent surtout des animaux et des éléments géométriques : lions, léopards, aigles, poissons, chevrons, bandes, etc.
Pourquoi les Montfaucon adoptèrent-ils au XIIe siècle, comme emblèmes, des bars, c’est-à-dire des poissons ? Ils le firent par référence à leurs ancêtres, les comtes de Bar en Lorraine (Bar-le-Duc), auxquels ils se rattachaient par l’intermédiaire des Montbéliard. En effet, l’un de ces ancêtres, Louis de Mousson († 1073), à la fois comte de Bar, de Mousson et de Ferrette, prit le contrôle du château de Montbéliard qu’il laissa à son petit fils Thierry en créant un comté autonome. Peu de temps après (1160), la principauté de Montbéliard tombait en quenouille et son héritière, Sophie, qui avait épousé Richard, seigneur de Montfaucon, transmettait le comté à son mari : ainsi naissait le lignage des Montbéliard-Montfaucon qui adoptèrent des armoiries semblables à celles des Bar-Mousson, leurs ancêtres communs, c’est-à-dire deux bars sur un fond d’écu aux couleurs différentes (l’adoption, comme emblèmes, de poissons fait évidemment référence à l’origine du nom de famille des comtes de Bar).




Le XIIIe siècle : la naissance du bourg de Montfaucon

Parmi les grands seigneurs de Montfaucon, Amédée (1228-1280) qualifié de « grand baron », de rassembleur de terres, occupe une place privilégiée, car il réussit à étendre véritablement sa domination sur les plateaux du Doubs, en contrôlant toute une série de forteresses de Vuillafans à Saint-Hippolyte, de Vercel à Roulans.
C’est lui qui construit un nouveau château sur la butte qui porte les vestiges du château médiéval : de là, il jouissait d’une belle vue qui offrait une meilleure surveillance de la vallée du Doubs.
Dans la construction du nouveau Montfaucon, Amédée recourt à l’emploi de la pierre qui se généralise (donjon, courtines ou mur d’enceinte) mais il ne peut continuer le chantier puisqu’en 1300, son successeur Gauthier emprunte à l’archevêque de Besançon une forte somme d’argent pour achever la fortification du château.
Ce dernier acquiert alors une physionomie complexe englobant dans son enceinte, en plus du donjon, des tours, une chapelle castrale, des logements pour la garnison, des caves, etc …
C’est aussi au temps d’Amédée que naît le premier village de Montfaucon, voulu par lui comme point d’ancrage de la population sous la forme d’un hameau fortifié (dit bourg) blotti au pied du château fort et entouré d’une enceinte murale.
Ce bourg subsistera jusqu’au XIXe siècle et l’on peut encore découvrir ses vestiges enfouis sous la végétation forestière ou admirer les derniers restes de son enceinte exposée à une disparition prochaine.
L’importance prise par le bourg est confirmée en 1311 par la création d’une église paroissiale.

Du XVe au XVIIe siècle : un lent déclin

A la fin du XVe siècle, toute la région subit le contrecoup de la guerre que se livrent Charles le Téméraire, duc et comte de Bourgogne et Louis XI, roi de France.
Le 8 août 1479, le château tombe entre les mains des troupes françaises : est-il démoli, comme le prétend la tradition qui attribue à Louis XI la destruction de la plupart des châteaux comtois ? En réalité, s’il a pris possession des lieux, le roi ne fait que démanteler une partie de la forteresse, c’est-à-dire la démilitariser : on enlève l’artillerie, on arase le sommet des remparts, on fait sauter l’entrée, bref on le rend stratégiquement inutilisable sans le détruire totalement.
Le château perd peu à peu ses fonctions militaires pour n’être plus qu’un centre administratif où l’on rend la justice, où l’on perçoit dîmes et redevance.
En 1552, un incendie détruit l’église paroissiale du Bourg, ce sont les vestiges de la nouvelle église que l’on peut encore voir sur place, au cœur de l’ancien bourg.
La terrible guerre de dix Ans (1634-1644) qui a ruiné la Franche-Comté, laisse des traces profondes à Montfaucon. Elle provoque une chute brutale de la population, tant à cause de la guerre que des famines et épidémies.
Cette hécatombe s’accompagne inévitablement d’une crise économique (manque de main d’œuvre) et entraîne l’abandon de certaines terres cultivées ainsi que la désorganisation du système domanial.
Elle accélère le déclin de l’ancien Montfaucon : le château, totalement abandonné, ne tarde pas à tomber en ruines, tandis que le bourg se vide de plus en plus avec le transfert progressif de la population vers le village actuel.

 Ce transfert de la population coïncide avec nouvelle vocation de l’économie montfalconaise : jusque-là les activités exclusivement rurales étaient tournées vers une polyculture vivrière associant céréales, élevage (vaches et moutons), viticulture. Si les deux premières fonctions se maintiennent pour assurer la subsistance des habitants, la troisième prend de plus en plus d’importance, parce que plus rentable ; effectivement les vignes soigneusement recensées et cartographiées, avec le montant de leur redevance en raisin ou en vin : la plupart des lieux dits actuels (Chevriot, les Vaucevins, les Pendeurs, les Gloriolles, Champ l’Ognon, etc.) correspondent à des terroirs viticoles de cette époque ; les seigneurs de Montfaucon ont eux-mêmes leur propre vignoble sans compter les redevances en raisin ou en vin qu’ils perçoivent sur les exploitations et qu’ils rassemblent dans un grenier du bourg ou dans leur maison dite de l’arc de la Malate.
A Montfaucon l'ensemble castral était complété par un village fortifié qui s'étendait autour et surtout en avant de la butte, à l'extrémité orientale de l'éperon. En effet, les châteaux les plus importants ont très souvent servi d'ancrage à la population, c'est-à-dire qu'à leurs pieds se sont créés spontanément ou par la volonté du seigneur, des villages qui ont été bien vite intégrés dans le système défensif par une enceinte de protection et auxquels on a donné le nom de bourgs. Là vivait une population de paysans qui approvisionnaient les gens du château et qui constituaient un réservoir de main-d'œuvre à portée de main du maître, pour ses corvées incessantes ; en outre, le rempart du bourg formait souvent une première barrière défensive qui renforçait la sécurité de la butte castrale et à l'intérieur de laquelle les gens du voisinage trouvaient refuge en cas d'hostilités. Par leur situation géographique ou par les services qu'ils ont pu rendre au plan économique (succès des foires ou marchés), certains bourgs ont pris un tel développement qu'ils ont donné naissance à de petites agglomérations, puis à des villes, comme Arbois, Poligny, Vesoul, Gray, Montbéliard... La plupart du temps, ils n'ont débouché que sur des villages de plus ou moins grande importance.

La création du bourg

L'existence d'un bourg à Montfaucon est attestée à la fin du XIIIe siècle, mais elle remonte probablement à plusieurs décennies ; elle confirme l'ambition des seigneurs de faire de leur château éponyme un modèle et une réussite économique. Il s'agit d'une véritable création puisque n'existait pas de village de ce nom, mais vu la situation des lieux, l'opération ne fut sans doute pas très facile, car elle nécessita un aménagement de l'espace, la construction d'une vaste enceinte périphérique, ainsi que l'établissement d'un chemin conduisant à Besançon par La Malate et probablement d'autres voies, menant au Vieux Montfaucon et au plateau où se trouvaient les espaces cultivables. L'importance stratégique du bourg se déduit de l'ampleur de ses remparts dont on suit actuellement les vestiges. A ses débuts le bourg de Montfaucon est resté tributaire de la paroisse de Chalèze. Mais un bourg digne de ce nom, surtout lorsqu'il s'identifiait à un tel lignage, se devait d'être entièrement autonome, de disposer d'une église paroissiale.

Jean de Montbéliard, seigneur de Montfaucon, saisit l'opportunité qui se présenta en 1311, quand Hugues de Chalon-Arlay occupa le siège archiépiscopal de Besançon : issu d'une grande famille princière alliée au Montfaucon et ouverte aux problèmes féodaux, le prélat ne pouvait que répondre favorablement aux vœux de son parent et ami, qui obtint de lui, cette même année, l'acte de création d'une église paroissiale dans le bourg, église distincte de la chapelle castrale qui existait sur la butte et qui était réservée au seul usage de la famille seigneuriale. Ce sanctuaire privé est mentionné en 1415 lors de la nomination d’un nouveau curé qui la desservira en même temps que l’église paroissiale.

Le déclin du château et sa ruine

Un changement important intervient à la fin du Moyen Age, tant en ce qui concerne le bourg que le château : un déclin inexorable qui conduit à l’abandon du château et au transfert progressif de la population à l’emplacement du village actuel. Le glas a sans doute commencé à sonner avec l’intégration de la seigneurie dans le temporel des Chalon-Arlay : ceux-ci étaient déjà bien implantés à Besançon et dans ses environs, en particulier à Arguel, ce qui enlevait à Montfaucon une partie de ses fonctions défensives. En outre, la cité bisontine, déjà protégée au XIIIe siècle par des remparts, n’a cessé de renforcer ses défenses et de mettre sur pied une véritable garnison qui assure sa sécurité, sans compter sur les forteresses des alentours.
Les progrès de l’artillerie au XVe siècle ne sont pas non plus étrangers à ce déclin de Montfaucon, dont la butte castrale située dans une combe devenait plus vulnérable aux bombardes. Enfin les guerres de Cent ans et de Bourgogne, en privilégiant les opérations de siège, ont abouti à reconsidérer l’efficacité de certaines forteresses qui ne répondaient plus aux nouvelles exigences stratégiques.

Quand le château a-t-il cessé d'être opérationnel ? La réponse n'est pas facile, tant à cause des légendes alimentées par la rareté des documents que par ses fonctions multiples, qui n'ont pas toutes cessé en même temps. Traumatisée par la sanglante guerre que Louis XI a menée dans le comté de Bourgogne après la mort du duc-comte Charles le Téméraire (†1477), l'historiographie comtoise a attribué au roi de France la destruction de la plupart des châteaux forts de la région. Si cette tradition entend par là signifier qu'est alors révolu l'âge d'or des châteaux au plan stratégique et politique, elle est acceptable ; mais le mot destruction ne correspond pas toujours à la réalité, puisqu'un certain nombre de châteaux ont survécu à la férocité de « l'universelle araignée ». 
Qu'en est-il de Montfaucon ?

résumons les données contradictoires :

• D'un côté l'occupation du château et sa prétendue destruction par les troupes françaises en août 1479, selon la tradition historiographique ;
• de l'autre, plusieurs faits attestant que ce même château n'est ni détruit (du moins pas en totalité) ni abandonné par la suite :
• la présence continue d'un châtelain durant le XVIe siècle : dès le 8 juillet 1490 est cité Guillaume Perrenot « chastelain, juge et gouverneur de la justice et chastellenie de Montfaucon ».
• Plus troublant cet inventaire des biens trouvés au château en 1499 et énumérant vaisselle, couvertures, tonneaux de vin, etc. (voir en fin de chapitre).
• Un autre inventaire est dressé en 1531, qui concerne cette fois-ci les meubles et l'artillerie :
 « Un registre couvert de parchemin contenant au commencement un inventaire de l'artillerie et autres meubles retrouvées au chasteau, maison forte et seigneurie de Montfaucon, le 12 août 1531, à l'instance de Philiberte de Luxembourg, usufruitière des biens délaissés par le prince d'Orange, son fils, au nom de René de Chalon, comte de Nassau et prince d'Orange [1]».
• En octobre 1552, à la suite d'un incendie qui a détruit toute l'église du bourg, les paroissiens obtiennent de l'archevêque de Besançon l'autorisation de faire célébrer les offices dans la chapelle du château, qui est donc encore en état de servir au culte :
    « Incolis ejus loci de Montefalconis licentiam fecisse legitur archiepiscopi vicarius ut eorum parochus in castro celebrare posset p-opter incendium 22 octobris 1552 : aux habitants du lieu de Montfaucon, le vicaire de l'archevêque a octroyé par écrit l'autorisation pour leur vicaire ou curé de pouvoir célébrer dans [la chapelle du] château à cause de l'incendie du 25 octobre 1552 [1]».
• Enfin, le schéma cartographique de la banlieue de Besançon, à peu près contemporain de l'incendie de l'église paroissiale, représente un château de Montfaucon en bon état.

Comment concilier ces indices d'occupation au moins partielle avec la destruction par Louis XI ? Nous proposons une interprétation provisoire que des recherches ultérieures pourront confirmer ou infirmer : en 1479, les troupes françaises n'ont sans doute pas détruit entièrement le château, mais seulement procédé à son démantèlement, à sa démilitarisation en faisant brûler ou sauter les points névralgiques (porterie haute, une partie des tours ou du donjon), et en enlevant son artillerie ; des bâtiments civils auraient subsisté (caves, magasins, chapelle), tandis que d'autres auraient été relevés dans les années suivantes (l'entrée par exemple), ce qui assurait la survie de la forteresse.
Cependant le château n'était pas sauvé, car le contexte général et l'évolution de la stratégie sonnaient le chant du cygne pour beaucoup de forteresses mal situées, trop éloignées ou inadaptées aux progrès de l'artillerie. Montfaucon fît partie du nombre ; malgré les efforts des princes d'Orange pour le conserver, il perdit progressivement son rôle militaire et sa garnison pour n'être plus qu'un centre de gestion seigneurial, comme nous le verrons plus loin. N'étant même pas résidence seigneuriale, il ne pouvait que végéter dans des fonctions purement administratives que les monarchies espagnole et française n'ont cessé de restreindre. Aussi les documents ne font-ils plus référence au château lui-même, sinon pour en signaler la ruine, et les séances de justice se tiennent alors fréquemment à La Malate, dans la maison dite de l'Arc, probablement dans la maison qui garde encore les trace





Ruines château féodal de Montfaucon


Panorama depuis les ruines du château de Montfaucon



Panorama depuis les ruines du château de Montfaucon

Ruines de l'Eglise du Bourg de Montfaucon

Ruines de l'Eglise du Bourg de Montfaucon

Fontaine de la Dhuit


Fontaine de la Dhuit

Ruines château de Montfaucon

Le Fort de Montfaucon


Dès 1872, un plan de réorganisation de la frontière de l’Est est décidé. Le Général Séré de Rivières le 20 Juillet 1872 donne l’ordre d’étudier la construction d’un fort sur la commune de Montfaucon. Le projet définitif est approuvé par le Ministre le 24 Juillet 1874. L’établissement du fort a été déclaré d’utilité publique et d’urgence par décret du 2 Mai 1874.
Coût de réalisation avec achat des terrains : 2 099 583 frs.
Caractéristiques
Logement :  les casemates logements étaient prévues pour y loger 21 officiers, 54 sous-officiers, et 762 hommes de troupes, soit un total de 837 hommes.
Infirmerie :  prévue pour accueillir 43 malades.
Ecuries :  prévue pour recevoir 6 chevaux.
Armement : 1 pièce sous casemate, 25 pièces de rempart, 8 pièces de flanquement, et 7 mortiers.
Magasins : Magasin à poudre : 112 000 Kg.
                  Magasin aux munitions confectionnées : 1 935 360 cartouches.
                  Magasins annexes et ateliers pour le service de l’artillerie : 478 m².
                  Magasins pour le service du génie (outils, matériaux) 206 m².
                
Approvisionnement en vivres ( pour 6 mois) :
                   Magasin pour le stockage des vivres : 206 m².
                   Boulangerie : 2 fours de 300 rations/jour.
                   Citernes : elles sont au nombre de 4 pour une capacité de 1 159m³.
Mission du fort
Le fort occupe une position d’où l’on domine la ville de Besançon, le plateau de Bregille, la vallée du Doubs, la plaine du village de Saône (village voisin de Montfaucon). Sa mission était donc d’interdire tout passage jusqu’à la plaine du Doubs.
Catastrophe au fort militaire
Le Dimanche 16 Septembre 1906, à 16H05, alors qu’un orage assombrissait l’atmosphère, retentit un coup de tonnerre d’une violence inouïe, accompagné d’une onde de choc, laissant croire à une soudaine éruption volcanique. La poudrière du fort de Montfaucon venait d’exploser, faisant huit morts et de nombreux blessés.     
Propriété
Le fort est encore aujourd’hui propriété de l’Armée, il ne peut donc pas être visité. Cependant l’extérieur de cette imposante construction est visible en empruntant au départ du village, un sentier de randonnée du nom de chemin des poudrières.


Fort de Montfaucon



Panorama depuis le Fort de Montfaucon

Belvédère de Montfaucon

Quelle que soit la saison, le Belvédère de Montfaucon (617 m) est un incontournable de l’agglomération bisontine. Une vue panoramique circulaire (seule l’évolution de la végétation et le fort miliaire empêchant une vue totale sur les Vosges) le caractérise.

- Du Nord-Est à l’Ouest, la vue, au-delà de l’imposante falaise, embrasse au premier plan le château médiéval, la vallée du Doubs, la Ville de Besançon avec son site exceptionnel (dont la Citadelle de Vauban classée au Patrimoine Mondial de l’Humanité –UNESCO) et au second plan les contreforts doux de la vallée de la Saône, mais aussi de nuit et par temps clair les lumières de Dijon.
- Au Sud, la vue porte sur le faisceau des collines bisontines et le Mont Poupet dans le Jura.


- De l’Est au Sud, le plateau de Saône avec son vaste marais (près de 900 ha) attire l’œil au premier plan, puis ce sont les divers plateaux du Jura (la Roche de Haute Pierre – La Croix du temps de Reugney…) et enfin par temps clair en début de matinée ou de soirée les Alpes de l’Oberland bernois au Mont Blanc.
Panorama depuis la table d'orientation de Montfaucon


Pique-nique table d'orientation de Montfaucon

Antenne de Montfaucon





Panorama depuis le Trou-au-Loup

Citadelle de Besançon

Antenne de Montfaucon


Notre dame de la libération

Notre-Dame de la Libération est un lieu de culte catholique édifié au sein d'un ancien fort, surplombant à près de 500 mètres d'altitude la ville de Besançon sur le mont des Buis.
  Originellement, ce site militaire construit durant le conflit franco-prussiens de 1870 devait renforcer les défenses de la capitale comtoise, mais fut, comme de nombreux autres édifices bisontins de ce type, laissé à l'abandon après être devenu désuet.
Après la Seconde Guerre Mondiale, l'archevêque Mgr Maurice Louis-Dubourg voulait bâtir un édifice de commémoration et de mémoire puisque la ville ne fut pas ravagée par les bombardements. Au bout de quelques années de travaux, le monument fut consacré en 1949 en grande pompe. Par la suite, des plaques commémoratives tapissant les murs de l'édifice et rendant hommage aux diocésains ainsi qu'à l'ensemble des Bisontins morts pendant la Seconde Guerre Mondiale furent ajoutées, de même qu'une statue monumentale de la Vierge Marie, d'une hauteur de sept mètres.
Après que le bâtiment fut devenu vétuste et même jugé dans un état préoccupant, une réhabilitation totale de Notre-Dame de la Libération eut lieu en 2011, redonnant toute sa splendeur à l'édifice. Aujourd'hui cette église, une des plus petites de la ville mais paradoxalement une des plus connues, accueille de nombreuses cérémonies et commémorations, en plus des prières quotidiennes des fidèles. Aussi, beaucoup de visiteurs sont attirés par ce haut lieu de devoir de mémoire, et par son panorama exceptionnel sur la ville de Besançon et ses environs.
Notre-Dame de la Libération

Notre-Dame de la Libération

Panorama depuis Notre-Dame de la libération

Chapelle des buis

La Chapelle des Buis est un hameau situé au sud de Besançon, à cheval sur trois communes. La partie bisontine est administrativement rattachée au quartier de La Boucle. Établi sur une crête au-dessus de la colline Saint-Étienne, le secteur a été une voie de passage fréquentée, un site militaire stratégique. Il est devenu un haut-lieu spirituel, et un espace environnemental exceptionnel. La Chapelle des Buis, malgré son isolement et sa démographie réduite, jouit d'un riche patrimoine environnemental et architectural, avec son épaisse forêt, ses lieux de culte et ses innombrables statues.

Histoire

Histoire générale[
Les premières traces de vies remontent au moins à l'époque romaine, une route de cette période qui devait sûrement relier Besançon à Salins-les-Bains est encore visible. Cependant, si la voie est romaine, les traces, profondément creusées, sont dues aux roues cerclées de fer en usage au Moyen Âge. Il est possible qu'un temple à Mercure, dieu romain du commerce et des voyageurs, ait été édifié le long de la voie, qui aurait laissé son nom au ruisseau des Mercurots qui coule vers Beure.
La présence religieuse sur le site daterait du ve siècle. Un ermite aurait vécu au bord du Doubs en amont de l'actuelle Porte taillée, l'endroit à cette époque est isolé, peu accessible et propice à cet état de vie. Le personnage a laissé son nom aux grottes Saint-Léonard. Un ermitage datant du xive siècle est attesté, (il fut rattaché aux bénédictions de Saint-Vincent) mais il ne reste malheureusement rien de cet édifice.
Durant la période médiévale, la Chapelle des Buis, endroit qui ne porte pas encore ce nom, passe du contrôle de la commune libre de Besançon à la tutelle des seigneurs de Montfaucon et d'Arguel. Les cartes anciennes attestent l'extension progressive de la juridiction bisontine jusqu'aux limites actuelles. Les fermes de La Bro et de la Jourande apparaissent sur les documents dès le xvie siècle.
La Chapelle des Buis est alors une voie de passage importante. En attestent les traces laissées dans la pierre par les roues des convois. La rive gauche du Doubs est peu propice à la circulation et contrôlée par les seigneurs environnants. Les plateaux du Jura possèdent de bonnes voies de communication. Mais l'accès à Besançon est raide, la voie la plus aisée étant par le petit col de la Chapelle des Buis.
Cependant, à la demande des vignerons de Morre, le verrou rocheux qui clôt le Quartier Rivotte est taillé et une route est réalisée pour rejoindre les plateaux juraciens. La pente, moins raide qu'aux Buis, facilitera la circulation de convois plus lourds. La percée du Trou-aux-Loup, dans un second temps, renforcera ce déplacement de trafic. Le passage par la Chapelle des Buis connait alors un déclin. De voie de passage, le lieu devient destination de détente.
Il faudra attendre le xvIIe siècle pour voir la première construction religieuse digne de ce nom, la Chapelle des Buis.
Officiellement, le secteur est un lieu-dit, mais il est géré administrativement par trois communes: la ville de Besançon et les communes de Fontain et de Morre. Le patrimoine ornemental de ce petit secteur est très riche, un grand nombre de statues jalonne la route principale. Une anecdote rapporte qu'un ermite, ancien missionnaire témoin de Jéhovah, surnommé l'ermite de la citadelle vivait dans le secteur. Après qu'un incendie eut ravagé son ermitage, un incroyable élan de générosité de la part des bisontins permit à cet homme de reprendre sa vie d'antan, ce dernier précisant lors d'une interview qu'il vivait en tant qu'ermite depuis déjà 16 ans.

La Révolution française[

Articles détaillés : Révolution française et Christianisme à Besançon.
La Constitution civile du clergé, adoptée le 12 juillet 1790 et ratifiée par le roi le 26 décembre 1790, transforme les membres du clergé en fonctionnaires salariés par l’État. Les membres du clergé séculier sont désormais élus et doivent prêter un serment de fidélité à la Nation, à la Loi et au Roi. Suivant une tradition gallicane bien ancrée dans une partie de la bourgeoisie, ainsi qu'une partie de l'héritage des Lumières favorable à la laïcisation de la société, les députés n'ont pas demandé au pape son avis sur les réformes du clergé catholique. Les premiers clercs commencent à prêter serment sans attendre l'avis du souverain pontife. Mais, dès mars 1791, le pape Pie VI condamne toutes ces réformes visant l’Église de France. La Constituante a divisé la population en deux camps antagonistes. On compte environ 65 % d’ecclésiastiques non jureurs ou réfractaires dans toute la France. À Besançon, une maison bourgeoise du centre-ville et une autre de la Chapelle des Buis accueillaient secrètement le culte. On estime qu'un tiers des 2 000 prêtres franc-comtois vont devenir jureurs tandis que les autres seraient réfractaires.
Plusieurs écrits nous renseignent sur cette sombre époque : « Déjà la Révolution commençait à frapper ses premiers coups en abaissant la puissance du roi et en outrageant le clergé. Déjà on pressentait qu'une catastrophe immense et terrible, une lutte acharnée de l'anarchie contre la société, de l'impiété contre la vertu allait arriver. On sentait que la philosophie impure du xvIIIe siècle allait porter ses fruits. La famille de Jean Baptiste en trembla, elle dont tous les membres auraient volontiers donné leur sang jusqu'à la dernière goutte pour la défense de son roi. Lorsque les églises furent fermées et que le culte fut prohibé, on vit alors le vieux Jean Baptiste, bravant l'échafaud et les infirmités de la vieillesse, âgé de 85 ans, aller chaque dimanche avec ses enfants à Besançon entendre pieusement la messe qui se disait secrètement dans une maison bourgeoise. Plus d'une fois cependant, ils eurent la consolation de l'entendre dans leur hameau où l'on avait disposé d'une chambre à cet effet. Un jour un prêtre intrus installé à Morre, leur paroisse, connaissant tout l'influence que sa famille pouvait lui donner à lui, vint en prier les membres de connaître son autorité, et d'assister à ses offices. Le vieux Jean Baptiste lui répondit sèchement qu'ils n'assisteraient jamais à la messe d'un schismatique. Le pauvre intrus s'en retourna fort désappointé. Dieu enfin, jetant les yeux sur la France, fit cesser la Révolution et renaître son culte et Jean Baptiste eut la consolation avant de mourir de voir les églises rendues à la piété du peuple. »
Dans le secteur de la Chapelle des Buis, devenu un véritable repaire de contre-révolutionnaires, deux familles, les Pinard et les Jeannin, étaient particulièrement connues d'après le livre de Gaston Coindre Mon vieux Besançon pour « la simplicité de leurs mœurs et la ferveur de leurs pratiques. On observait dans ces temps-là qu'en cet édifiant hameau, si les étrangers s'oubliaient en jurons ou blasphèmes, ils étaient repris par l'injonction sévère : ici on ne jure pas! » Toujours dans cet ouvrage, Constant Pinard évoque, en parlant du chef de famille des Jeannin : « Aussi, rien n'arrêtait son zèle, et prenant tout le temps que dura la terreur, il cacha les prêtres, s'exposant ainsi aux plus grands dangers et à la mort même pour la défense de sa foi. Une chambre servait de chapelle. On improvisait un autel et les saints mystères étaient célébrés. Les ornements et les vases sacrés étaient soigneusement cachés dans des armoires secrètes. Cependant, le mal augmentait encore et Jean Antoine Jeannin avait un oncle curé à Chemaudin qui fut arrêté pour être livré au bourreau. Conduit par la gendarmerie de Saint-Vit qui l'amenait à Besançon pour y être décapité, il fut arrêté en chemin par la population qui s'était levée en masse. Remplie de foi et aimant ses prêtres, elle conçut l'audacieux projet d'enlever celui-ci. Jean Antoine ayant été averti y courut en compagnie de Jean Joseph Pinard et de trois autres personnes de Fontain. Les gendarmes au nombre de dix, armés jusqu'aux dents, étaient décidés à se défendre vaillamment. Il s'agissait de l'enlever sans se laisser prendre ni tuer personne. Les paysans, au nombre de deux ou trois cents, sans armes, s'élancèrent en masse sur les gendarmes qui dégainèrent et coupèrent le bras au premier qui les arrêta, plusieurs autres furent blessés, mais le prêtre fut enlevé et alors chacun se sauva, sans qu'il fut possible aux gendarmes d'en arrêter un seul. Le lendemain, une batterie d'artillerie vint cerner le village de Chemaudin. On fit une expertise et on conduisit en prison tous les blessés, étant assurés qu'ils avaient appartenu à la troupe. Mais ils y restèrent peu de temps et une petite somme d'argent suffit pour les délivrer. »
L'existence d'un lieu de culte clandestin est confirmée par Gaston Coindre, se référant aux souvenirs de l'abbé Lambert, « ancien aumônier de la duchesse d'Orléans », qui fut accueilli dans « la maison hospitalière des Jeannin. » Il en dit : « C'est un refuge ouvert à tous les honnêtes malheureux... J'occupai une chambre souterraine et une salle contiguë me servait de chapelle... D'autres hôtes de distinction avaient trouvé sur la montagne un refuge et la sécurité en la patriarcale demeure des Jeannin, plusieurs religieuses eurent la joie d'assister à la messe des bons prêtres dans la crypte que la disposition du terrain a conservée. » Un descendant des Jeannin alors évêque missionnaire au Viêt Nam écrit en 1936 qu'on lui montrait un local qui avait servi pour les célébrations clandestines. Une plaque en pierre, conservée dans la chapelle de Notre-Dame des Buis, prouve l'existence d'un autre lieu de culte caché dans le secteur. Constant Pinard fait référence à cette plaque à propos d'un curé de Fontain réfractaire : « On lui avait creusé une espèce de grotte dans une forêt à une demi-lieue du village et c'est là qu'il se cachait. On y entrait par une trappe recouverte de mousse. Un rocher voisin servait d'autel pour la célébration des saints mystères. »François Constant, le frère aîné de Constant, raconte plus précisément : « En partant de l'angle sud-ouest de la maison de ferme Ruroye et en mesurant sur un plan incliné jusqu'au fossé de la forêt, une ligne d'environ cent soixante dix mètres, et, de là, prendre une ligne droite de quarante mètres en montant le bois, on arrive sûrement au rocher. » Actuellement, cette cache n'a toujours pas été retrouvée.

Histoire contemporaine[

Le secteur de la Chapelle des Buis compte plusieurs sites ou monuments remarquables : parmi eux, l'ancienne voie romaine, la grotte Saint-Léonard, ainsi que deux points de vue. On peut également citer les deux églises,Notre-Dame des Buis ainsi que le Monument de la Libération. Un ancien fort, le fort des buis ou est actuellement est très mauvais état, mais fait partie intégrante du patrimoine du site, de même que le fort des Trois Châtels et le fort Tousey.



Citadelle de Besançon



Porte Taillée


L'ouvrage est situé en contrebas de la citadelle de Besançon, dans le secteur de Rivotte près de La Boucle, centre historique de la ville. Dès le iie siècle, à la fin du règne de Marc Aurèle, un aqueduc de 12 km fut édifié entre Besançon et les sources d'Arcier, aboutissant dans un bassin de 5 mètres2 dans l'actuel square Castan. C'était une galerie souterraine mesurant environ 1,55 mètre de hauteur sur 0,75 mètres de large, entrant dans la ville par une ouverture étroite percée à même le roc, qui donnera plus tard la Porte taillée. C'est au Moyen Âge qu'une véritable porte est aménagée, ouvrant ainsi la route de la Suisse. Jusqu'en 1875, et comme toutes les entrées de la ville, cette porte était fermée de 10h45 du soir à 4h du matin, le signal étant donné par le bourdon de St Pierre. Les gardiens devaient manœuvrer deux lourds battants de bois.
C'est sous Charles Quint (en 1546) que fut érigée la tour de guet, mais on doit à Vauban l'élargissement du passage de la porte médiévale, l' aménagement du bâtiment côté ville permettant d’accéder à la tour , la construction du corps de garde adossé à l’escarpement de la citadelle, ainsi que du terre-plein situé devant la porte côté ville et le corps de garde avec sa contrescarpe côté rivière.
La porte fut élargie une dernière fois au début du XXème siècle après le retrait des battants afin de permettre deux voies de circulation.
En 2004, la réfection de la charpente et de la couverture de la tour de la Porte Taillée a été réalisée suivie en 2005 par la réfection de la charpente et de la couverture de l’ancien corps de garde ainsi que le ravalement de ses façades. Le montant total des travaux réalisés sur le monument s'est élevé à 
150 000 €.

Porte Taillée