lundi 23 novembre 2015

Rando du 23 novembre 2015 : Montmirey-le-Château

Distance : 12 km - Dénivelé : 200 m


L'indice IBP d'effort est de 40, (suivant l'échelle de la FFRP) un score compris entre 26 et 50 correspond au niveau 2 qualifié de "ASSEZ FACILE". La randonnée pédestre présente peu de difficulté physique. Ce niveau correspond aux promenades et petites randonnées.

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Montmirey

Histoire
La seigneurie de Montmirey et son château se trouvaient dans le bailliage de Dole et étaient souvent le lieu de résidence des comtes de Bourgogne comme le prouve plusieurs de leurs chartes souvent datées de cet endroit. Philippe Ier de Bourgogne, dit Philippe de Rouvre donnait cette terre à Amédée IV de Genève ; Hugues II de Chalon-Arlay en devenait propriétaire par son mariage avec Blanche, fille d'Amédée III de Genève. En 1398 le duc Philippe II de Bourgogne, dit Philippe le Hardi, la réunissait à son domaine.
Cette terre comprenait un fief qui avait donné son nom à la maison dont était issu les seigneurs de Montmirey dont le premier connu est Guillaume de Montmirey qui était témoin, vers l'an 1092, de la donation faite à l'église de Besançon par Étiennette de Bourgogne, épouse de Guillaume Ier de Bourgogne. En 1136 Hugues de Montmirey contribuait à la fondation de l'abbaye d'Accey avec Renaud III de Bourgogne et Simonin de Montmirey, écuyer se déclarait homme lige de Jean Ier de Chalon-Arlayen novembre 1293.

En 1531, les habitants de Montmirey-la-Ville sont doublement sujets de Charles Quint. La Franche-Comté n'est pas encore française et fait partie de l' immense domaine des Habsbourg dont il est l'héritier, de l'Espagne aux Flandres, du Royaume de Naples au Nord de l'Allemagne, de quelques implantations en Afrique du Nord aux Amériques. A ce titre, il est l'empereur, le suzerain des Mireymontois. Mais Charles a aussi un patrimoine privé : il possède la seigneurie de Montmirey, acquise par son aïeule, Mahaut d'Artois à partir de 1306 et agrandie des bois communaux du village de Cronge, déserté par ses habitants vers 1336.

Les habitants de Montmirey se plaignent auprès de leur seigneur que leurs communaux depuis 50 ans sont de peu de profit parce qu'ils contiennent plus de bois « à faire » que de chênes portant fruits. Charles, parce qu'ils désirent vivre et rester ses bons et loyaux sujets, mais aussi parce que lui craint de voir ces habitants s'exiler, leur acense et arrente «le bois de Cronge ( 240 journaux), le Grand Vernois (6 journaux) et le Petit Vernois (4 journaux) qui lui appartiennent en propre sur la commune de Pointre, pour le prix de «cent sols estevenants ... de cens annuel».
Mais ils n'ont pas le droit d'y faire de coupe blanche, de transformer ces bois en prés, champs etc. La forêt doit rester forêt. Les habitants ont le droit de «prandre, copper et abattre bois ... tant morts que vifs ... pour leur seul usaige et chauffaige ». Il n'est pas question d'en vendre ou d'en aliéner une quelconque portion pour en tirer profit. De plus, elle doit toujours être tenue «en commun sans division».

Charles se réserve pour lui et pour ses successeurs le bénéfice des amendes pour mauvais usage. La gruerie de Dole, la Chambre des Compte à Lille et autres conseils et conseillers ont donné un avis favorable et le grand sceau de cire rouge en double queue de parchemin peut être apposé pour attester de la valeur à long terme de l'acte souverain.

Qu'on ne s'y trompe pas, malgré la légende locale, Charles Quint n'est jamais venu à Montmirey ni même en Franche-Comté !
L'acte est signé à Bruxelles par les grands personnages de l'Empire, l'archevêque de Palerme, le seigneur de Grandvelle ... mais aussi à Montmirey par les prudhommes et eschevins du village, Estevenin Chaiget et Jehan Chaiget (ancêtres de Chantal Perroud et Françoise Boichut) et d'autres témoins, représentants les habitants du village qui pourront désormais «plainement, paisiblement et perpétuellement jouyr et user» de ces bois.

Un siècle et demi plus tard, en France, Colbert, grand maître des Eaux et Forêts de Louis XIV, a mis en place un véritable code forestier : c'est l'ordonnance de 1669. La Franche-Comté en devenant française en 1678 doit s'y soumettre : c'est pour les petites communes l'encadrement de la gestion de son patrimoine forestier et la mise en place d'une sorte d'épargne appelé «le1/4 en réserve» pour faire face aux besoins de la collectivité. Son utilisation est soumise à autorisation préalable. A Montmirey, la vente des bois de cette parcelle mise en réserve et exploitée tous les 25 ans permettra le financement de travaux communaux :comme au XVIII e siècle, les lavoirs appelés alors Grande et Petite fontaines (et le petit pont sur le ruisseau de Cronge avec l'argent qui reste) ou au XIX è siècle, l'achat de la maison commune pour « y recevoir l'école de garçons, l'école de filles, la municipalité et ses archives, enfin la pompe à incendie » (conseil municipal du 7 février 1845).

Le but premier de l'ordonnance de Colbert, c'est de bien gérer les forêts du royaume pour assurer les besoins en bois de marine ... propres à la construction des vaisseaux, frégates et autres bâtiments de guerre de la Marine Royale. Dans un procès-verbal du 2 novembre 1826, le maître forestier en résidence à Dole a « marqué et frappé du marteau de la marine »  5 chênes dans les bois communaux de Montmirey qui devront être conduits au port flottable d'Auxonne.


Le Château


 Surmontant le bourg bâti au pied d'une colline, dernier avatar du bombardement tertiaire qui fît surgir le massif de la Serre, l'espace castral est couronné d'arbres d'où surgissent les derniers vestiges d'un château féodal. Que vous arriviez de la Haute-Saône, de la Côte d'Or ou bien d'Offlanges, ce mont ne peut pas vous laisser indifférent. A l'époque contemporaine ce devait être une construction très massive et importante. Mahaut d'Artois alors comtesse et princesse parcourue le large espace comtois et passa à Montmirey du 5 au 7 juillet 1327. Ce château phénoménal fut construit ou plutôt agrandi en 4 ans de 1306 à 1310. On ne sait pas le monde qu'il y a eu pour faire ces travaux. La princesse Mahaut d'Artois avait vue sur ses seigneurs et ses dépendances, ce qui lui permettait d'être non loin de la contrée du Duc de Bourgogne et des limites de l'évêché de Langres. C'est en 1306 que le château de Montmirey et ses dépendances lui furent vendues par messire Eudes de Souvent, sire de Saint Loup. Evénement essentiel puisque cette « forteresse » contrôlait la route Pesmes Dole et dominait un espace rural assez peuplé. Jean de Châlon-Arlay son rival oblige Mahaut à faire d'énormes travaux de fortification. Les ruines et le terrain ont été rachetés par la commune dernièrement en 2003.
La statue de Sainte Clotilde implantée sur les ruines du château a été inaugurée par la grand-mère du baron José Picot d'Aligny le 12 juin 1921. La légende dit que Sainte Clotilde a visité le château dans la deuxième moitié du cinquième siècle de notre ère. On peut émettre les plus grands doutes sur sa réalité, ajoutons à cette liste, un peu triste quand même, que la construction du château d'eau dans la haute cour du château fort a été un dommage irréversible qui a supprimé la partie la plus intéressante du monument ancien.



JARDIN - PARC DU CHATEAU DE MONTMIREY LA VILLE

Le parc du château de Montmirey-le-Ville est ouvert au public tous les jours de l'année, de 9h à 19h, gratuitement, dessiné en 1880 par l'architecte paysagiste BRICE Michel de Besançon, en remplacement du vignoble atteint par le phyloxera. Il est situé à 17 kms de Dole, 2 kms de la route de Gray. Entrez par la grille sur la route de Moissey, et suivez les flèches (parking en face de la croix pattée, 100 m avant la grille). Vous découvrez les allées en herbe ou en terre, petit pont sur ruisseau, déversoir de crue. Des bancs sont disposés sur le parcours pour ceux qui veulent se reposer ou pique-niquer. De beaux arbres sont visibles: cèdres, séquoias, pin sylvestre, pins noirs d'Autriche, chêne tricentenaire, tilleuls, tilleul argenté, ... L'étang en fin de parcours est un miroir d'eau car le château se mire dedans (attention aux jeunes enfants). A la sortie de l'étang, prendre l'allée à gauche qui traverse la prairie pour revenir au point de départ. Le parcours est ombragé, sauf la dernière partie (ne pas s'approcher des vaches ou chevaux, séparés du chemin par une clôture. Interdiction de parcourir la promenade en vélo ou à cheval). Le château n'est pas ouvert à la visite.

Le château de Montmirey-la-Ville appartient depuis des siècles à la famille Picot d’Aligny. En novembre 2003, le président du Conseil Régional a contacté la famille du baron afin d’organiser en 2004 six soirées d’été. Celles-ci ont lieu dans le magnifique parc à l’anglaise qui n’est pas seulement un jardin comme le dira le propriétaire. Ce parc est fait de courbes, de ronds comme il en existe en Angleterre. Il a été créé en 1870 par son arrière-grand-père Henri d’Aligny au moment où la région, plantée entièrement de vignes, a attrapé la maladie du Phylloxéra. Trente hectares constituent ce magnifique parc tenu d’une main de maître par Joseph Picot d’Aligny. Il existe en ces lieux plus de 100 espèces de feuillus tels que des cèdres, des cyprès chauves, un tulipier, un séquoia géant, un noyer, un chêne, un érable d’Amérique , un sorbier des oiseaux, un blanc de Hollande. Le baron s’occupe lui-même de la plante et de l’abattage des arbres de son domaine. Vous pourrez découvrir tout au long du circuit un cèdre du Liban de 130 ans planté en 1870 de 35 mètres de hauteur et 3 mètres de circonférence ; un peu plus loin, un séquoia géant d’une hauteur de 45 mètres et de 4,50 mètres de pourtour dont le fut est rectiligne. Le joyau du propriétaire, qui désirerait bien que ce site soit classé, est un chêne tricentenaire de 4,75 mètres de circonférence. Il existe également un miroir d’eau, c’est-à-dire, un petit étang où l’on peut voir y voir les reflets du château et de la baraque de chasse (désormais résidence du gardien) le matin, et plus particulièrement le soir. A l’automne, le parc est resplendissant de couleurs vives. Ces teintes multicolores lui redonnent un éclat magnifique. Lors de la promenade sur le circuit, on peut apercevoir plusieurs statues dont celle de Sainte Marie-Madeleine donnant le sein à un enfant et qui, par sa tresse de cheveux, se distingue de la Vierge. Plus loin, Saint Vernier, jadis Saint patron des vignerons du Jura, possède un tonnelet et est assis devant un cep de vigne. La promenade se termine par la réplique de la grotte de Lourdes. La véritable grotte fut un lieu de pèlerinage tous les 15 août jusqu’à ce que Vatican 2 l’interdise en 1960. 
Joseph Picot d’Aligny accueille toutes les personnes qui désirent venir, le parc étant ouvert de 10 heures à 19 heures.




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